12/01/10 > 03/04/10

Sylvie Ungauer

Passerelle, Brest


L'exposition Home de Sylvie Ungauer, se compose d'œuvres réalisées à différentes périodes de la carrière de cette artiste.

« At home » est une installation regroupant 15 objets, tricotés avec de la bande vidéo, présentés sur une plateforme en bois. Cette installation ressemble à une ville où se côtoie une succession de sculptures inspirées d'autant de formes de couvre-chefs que de cultures, autant masculins que féminins, prenant la place du corps humain mais qui suggère des architectures urbaines et industrielles, telle la maquette d'une ville imaginée et imaginaire. L'uniformisation et la globalisation du tissu urbain apparaît à travers la matière utilisée dans la construction de cette ville : la bande vidéo tricotée. Habituellement, la vidéo est utilisée comme support d'information visuel, comme le fil conducteur d'une histoire ou d'un événement. Ici, la bande devient le lien entre les bâtiments de la ville, constituant un réseau entre des formes. L'organisation est basée sur le schéma de la chaîne ADN qui renvoie à l'infiniment petit des codes d'information génétique.
Ces objets ont été réalisés par un réseau de tricoteurs et tricoteuses, à l'occasion de la résidence de l'artiste à l'Atelier Calder à Saché en 2000. Ces séances de tricot ont créé de nombreux échanges autour notamment du cinéma, de la télévision, et ont constitué un maillage humain autour d'une expérience.

Le lien avec la deuxième partie de l'exposition, qui annonce un travail vidéo plus récent de Sylvie Ungauer, se fait par le biais d'une peinture murale intitulée Le centre du monde. C'est une version agrandie (16 fois plus grande) d'un collage du même nom, réalisé en 2008. Ce collage est constitué de la découpe dans une carte du monde, situant sur la même zone la pointe de la Bretagne et plus précisément la plage des Blancs Sablons et le Nord du Québec, à la frontière du Labrador, avec le village de Blanc Sablon et le site de l'ancienne ville de Gagnon.
Dans cette installation, la question du point de vue sur le monde s'est délocalisée sur un territoire à l'extrême ouest d'un continent. Le point de vue, l'endroit où l'on porte un regard sur le monde, est un axe de réflexion qui s'est développé dans son travail, avec, par exemple, la dernière pièce visible en ligne : www.imaginarylandscape.fr

L'installation vidéo composée d'une double projection et d'un moniteur, situés dans le hangar, est le fruit d'une réflexion sur la maison comme l'idéal d'habitat avec l'idée transcendantale de l'accomplissement de soi à la conquête de l'ouest : l'est canadien est superposé avec l'ouest de l'Europe, la pointe bretonne.

Ce travail découle d'une recherche, récurrente dans le travail de Sylvie Ungauer, sur « l'habiter », dans sa dimension spatiale, temporelle, architecturale, économique, géographique... et aussi dans le rapport au corps.
La question de la mobilité et l'appartenance à un réseau mondial met aussi en avant le rapport d'échelle et la relation à l'espace privé/public et, par extension, notre relation à l'autre, au voisin, à l'étranger.

Dans une double projection vidéo intitulée Nowhere/ Everywhere, réalisée en 2009, des porteurs déplacent dans le paysage des petites maisons en carton, suivant un axe se dirigeant toujours plus à l'ouest : des Monts d'Arrée en Bretagne, en passant par la côte la plus septentrionale, pour traverser l'océan Atlantique, aborder la côte québécoise et continuer dans « le bois » de la frontière du Nord du Québec et du Labrador. Ce travail de la représentation du paysage s'inscrit dans une longue tradition et questionne la place du «regardeur», du faiseur de paysage.

Enfin, est diffusée sur un moniteur La ville disparue, une vidéo réalisée en 2009, à l'occasion d'un séjour de deux mois de l'artiste au Québec. Là, elle voyage jusqu'à Blanc Sablon, au Nord du Québec,  joignable uniquement par bateau ou par avion, la route s'arrêtant à Natashquan. Un petit cargo alimente tous les petits villages de cette côte mais transporte aussi les habitants des communautés Innues locales.
Des entretiens avec les anciens habitants de la ville de Gagnon composent la bande son. Cette ville minière, aujourd'hui disparue, fut construite pour l'exploitation de la mine à la fin des années 50 et détruite à sa fermeture en 1985. Ces habitants racontent les souvenirs de leur maison, de leur attachement à ce lieu qui semblait idéal mais tellement coupé du monde, puisqu'aucune route n'arrivait jusque là.

Centre d'art Passerelle
41, rue Charles Berthelot   29200 Brest   
Tél. +33 (0)2 98 43 34 95 
contact@cac-passerelle.com
http://www.cac-passerelle.com

1. legende temporaire

legende temporaire image