30/01/10 > 21/03/10

Fayçal Baghriche

Le Quartier, Quimper


Quelque chose plutôt que rien.
Né en 1972 à Skikda en Algérie, Fayçal Baghriche procéde par collecte de récits ou de traces, assemblage d’objets ou de films ; il propose des images qui déjouent les réflexes d’identification. Pour l’exposition Quelque chose plutôt que rien, il réunit un ensemble d’images d’où surgissent des formes involontaires, ainsi que des objets qui se transforment en perdant leur fonction première.

Dans Les grottes merveilleuses en Algérie, l’artiste enregistre un guide qui, au cours de sa visite, propose des analogies entre les formes des stalagmites et les monuments du monde, comme la statue de la Liberté ou la Tour de Pise. En mettant l’imagination des spectateurs à contribution, l’homme se pose en médiateur entre les formes de cette caverne et le monde extérieur. Mettant en scène une histoire réinventée depuis la grotte, cette vidéo montre comment le savoir informe le regard.

Chez Baghriche, les œuvres confrontent la mémoire et l’imaginaire et produisent des images ambigües. Tentative pour repeindre le mur de Berlin avortée par un citoyen allemand est une performance photographiée où l’artiste tente de repeindre en blanc les graffitis qui ornent le mur de Berlin. L’échec est éminemment subversif : l’interruption par un citoyen conduit l’artiste à effacer ses traces de "blanc", ce qui réactive une lecture politique des graffitis jusqu’alors figés en tant que témoins historiques.

Les interventions artistiques de Baghriche jouent avec différentes formes de distanciation : la vidéo Point, ligne, particules, adaptation du manifeste esthétique de Kandinsky Point, ligne, plan, renvoie dos à dos les canons formalistes de l’abstraction lyrique et ceux du tag. Tournée en temps réel, cette vidéo montre l’artiste muni d’une bombe rouge attendant de réaliser une peinture dont l’aspect dépendra du mouvement et de la vitesse d’un train. Baghriche renonce à transmettre un message politique, social ou artistique au profit d’une mise en évidence des conditions de possibilité et de visibilité de son geste.

Le contexte du centre d’art est lui aussi indexé comme condition du regard. Dans la première salle d’exposition, les cimaises, fabriquées à partir de toiles tendues sur châssis et repeintes à chaque nouvelle exposition, ont accumulé au fil des ans une couche épaisse de peinture. Fayçal Baghriche a simplement demandé aux techniciens de conserver les toiles enlevées lors de la précédente exposition puis de les replacer au même endroit. Des fissures, liées à la manutention, marbrent la surface murale et témoignent d’une histoire par recouvrements successifs. Fayçal Baghriche déconstruit ainsi l’idée d’un espace neutre et autonome.

Le Quartier, centre d’art contemporain de Quimper
10 esplanade François Mitterrand – F-29000 Quimper
Tél. +33 (0)2 98 55 55 77  
http://www.le-quartier.net



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