04/12/09 > 28/03/10

Isabelle Lévénez

Musée des beaux-arts d'Angers


Isabelle Lévénez. Portraits fragmentés, vidéos/dessins

Pour la première fois au musée des Beaux-Arts, l'œuvre d'une artiste contemporaine est étroitement mêlée à celle d'un artiste renommé du siècle précédent - en l'occurence Rodin -  auquel le musée consacre l'exposition La fabrique du portrait, Rodin face à ses modèles.
Face au "monument" Rodin, Lévénez répond par ses vidéos, dessins et mur d'écriture dans et autour de l'exposition.

Isabelle Lévénez est née à Nantes en 1970. Elle vit à Trélazé et enseigne depuis 2001 à l'Ecole supérieure des beaux-arts d'Angers. Depuis 1991, son travail explore et interroge le corps comme espace à découvrir, motif et sujet central de l'oeuvre, à travers plusieurs medium: dessin, vidéo et photographie. Qu'il soit le sien ou celui de l'autre, le corps est mis en scène, transformé, maquillé, masqué, retouché, estompé.

Isabelle Lévénez aime à manier les contraires et l'ambiguïté. Les images, les titres de ses oeuvres, les phrases qu'elle écrit sous-entendent le plus souvent autre chose, une histoire, un souvenir, un secret, quelque chose de l'intimité profonde, et jettent un trouble en suggérant des fragments du réel dans un jeu entre innocence, rêves et fantasmes, entre douceur et violence.

L'installation vidéo Il recherche Elle (2003), sur quatre écrans, offre des fragments du corps d'une femme, observée et caressée par la main d'un homme, images baignant dans une lumière nocturne verte à l'atmosphère irréelle.

Dans Désir (2004), installation en boucle sur huit écrans plongée au sein de l'exposition Rodin, le corps d'une femme est à nouveau exposé par fragments -visage, pieds, mains - flottant dans un bain étrange qui l'enveloppe d'un aura plastique, troublant, proche de la texture de la peinture ou du marbre, entre impression de noyade et d'extase.

Frontière (2009), vidéo projetée dans un espace fermé, met en scène en plan fixe et sans émotion, des personnages immergés dans un bain de vapeur, enveloppés de silence.

Autre versant de l'expression d'Isabelle Lévénez, les dessins à l'encre aquarelle, réalisés spécialement pour cette exposition et en dialogue avec les portraits de Rodin, parfois associés à des feuilles d'écriture à la craie, occupent deux espaces distincts : une série de onze grands dessins verticaux, présentés à l’entrée de l'exposition Rodin, montrent des visages indéfinis, ni masculin ni féminin, silhouettes de profil colorées de rouge et de brun, seuls, en double ou face à face, d'où la couleur déborde et diffuse avec une certaine brutalité.

Mêmes "portraits fragmentés" rouge bruns, dans la série de trente petits dessins exposés dans le cabinet d'arts graphiques: visages vides et morceaux de corps ou organes indéfinissables, condensés et énigmatiques. Ceux-ci sont associés à un mur d'écriture, forme d'expression qu'Isabelle Lévénez utilise comme un matériau, en écrivant directement sur le mur, de la main gauche, une phrase répétée.

Ces allusions renvoient aux souvenirs d'enfance de chacun. Ainsi Isabelle Lévénez entretient-elle le souvenir d'un imaginaire personnel et collectif par le biais de mises en scène savantes et d'images qui ramènent le spectateur à son propre trouble et à sa relation au monde.


Musée des Beaux-Arts d’Angers
14, rue du musée – 49000 Angers
Tél. 02 41 05 38 02
www.musees.angers.fr


 

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