26/05/12 > 08/07/12

Constance Guisset

Chapelle des Calvairiennes, Mayenne


Lorsque nous recevions son aquarium-volière Duplex et ses vertigineuses Vertigos dansantes à l’occasion de Nuit Blanche Mayenne le 1er octobre, l’évidence s’imposait, le design de Constance Guisset mérite sa première exposition monographique, comme un bilan. C’est avec un plaisir facilité qu’on retrouve aujourd’hui ses lumières à la Chapelle des Calvairiennes, dans ce travail subtil aux formes élaborées.

Décidons qu’on est à une frontière de l’art d’où s’échappe un vent d’inspiration et voyons qu’ainsi – même si du bon design n’accède pas à l’art en perdant son usage bjectif dans l’espace muséal – nous trouvons devant nous un jardin de délices suspendu, installé dans un mouvement, à attendre l’éveil du nouveau visiteur.
Entre design d’espace, scénographie et design d’objets, les multiples facettes du travail de Constance Guisset transportent selon nous l’usager dans des espaces d’intimité. Du Duplex aux Vertigos dansantes que nous retrouvons aujourd’hui, en passant par la Structure lumineuse pour Molteni et Mezanine, nous oscillons entre intérieur et extérieur sans savoir si ces objets nous transportent ou s’ils importent cette nature qui inspire les artistes.
Plus loin nous nous installons dans un large pouf conçu en Toile de Mayenne d’où scintillent les miroitements fugaces filmés ici et là par la créatrice. Et la question demeure, où nous trouvons nous ?

L’exposition se trouve dépositaire d’un travail élevé à l’aube d’un tournant. Devant nous les formes généreuses rappellent le calme trompeur des étendues sauvages qui s’animent soudainement d’une griffe animale. Fugacement tout bascule, les objets s’animent puis retrouvent leur calme tout aussi rapidement, à l’image de la créatrice devant l’insolence d’un défaut. Les Vertigos dansantes troublent encore notre perception par leur finesse et leur simplicité. Les lampes Angelin s’enroulent comme autant de chrysalides tandis que les boîtes Cairn reposent sur un équilibre faussement précaire, élévations improbables de formes évoquant les amas artificiels de pierres qui se rencontrent en marchant le long des côtes bretonnes. Cela ne tient qu’à un fil. Dans ses réalisations, Constance Guisset offre ce petit quelque chose en plus que cherchent sans arrêt les créateurs. Elle y décline ses précipités chimiques de multiples manières comme le miroir Francis.
Tantôt rouge coquelicot, cadeau accessible pour un clin d’oeil convexe, tantôt profondément bleuté, coup d’oeil illusoire qui inspire un regard plus terrien sur cet objet de poche. La recherche de pigments se fait finalement jeu d’esthète, dans un format plus grand pour Francis large qui évoque la rencontre du miroir vieilli dans l’atelier de Francis Bacon.
Grâce à son caractère déterminé et à ses références précises la femme de grand talent défend son approche intimiste et sexuée au coeur de contraintes industrielles qu’elle a choisies pour mieux se repérer. Nous saluons ses choix.
(Matthias Courtet)


La chapelle des Calvairiennes – Le Kiosque
Rue Guyard de La Fosse  53100 Mayenne
02 43 30 10 16
www.chapelledescalvairiennes-mayenne.com

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