02/12/10 > 10/12/10

Effractions

Ecole des beaux arts de Rennes


"Effractions" fait suite au workshop La notion de“crise” appliquée au champ pictural initié à l'école des beaux-arts de Rennes par Emmanuel Van der Meulen en novembre 2010, sur une invitation de Jean-François Maurige.

Une proposition artistique naît rarement d’un développement linéaire et réfléchi, d’un travail continu présentant un début, un milieu et une fin, d’un processus logique, positif, qui ménage des étapes, des transitions et dont le résultat final était contenu dans la genèse, et qu’on cherche à atteindre en toute (bonne) conscience.

Si, selon l’illusion courante du jugement rétrospectif, on peut toujours expliquer, a posteriori, ce qui a eu lieu effectivement (et si certaines méthodes de travail présentant un aspect programmatique peuvent le faire croire, elles aussi, après coup), il apparaît au contraire que des événements imprévus, des écarts, des entorses à la règle, des actions délibérément dévalorisantes ou improductives peuvent mettre à jour des nouveaux territoires d’investigation ou produire des dispositifs inattendus.  

La rencontre avec un matériau est forcément de l’ordre de l’expérience, expérience d’une idée confrontée à une matière et dont on cherche la forme, expérience d’un matériau qui résiste, expérience du chaos de la toile vierge (comme nommait Barnett Newman son expérience des commencements des tableaux), expérience dans laquelle la pensée va essayer de mettre de l’ordre, à l’aide d’un geste, d’une décision. Cette décision peut intervenir à un moment critique du travail, et avoir toutes les apparences d’un geste négatif, dévalorisant, brutal ou dérisoire.

Effractions propose de réfléchir à cette négativité à l’œuvre, qui produit en détruisant, mais qui peut rester sans forme, comme une absence. Un geste de peinture aussi élémentaire que le recouvrement est aussi de l’ordre d’un effacement. Il s’agit simultanément d’en finir et de recommencer. Cette négativité peut donc agir de façon non spectaculaire, en sous main, comme le simple passage du temps, ou au nom d’une indifférence à réaliser quelque chose de « bien ».

Il ne s’agit pas exactement ici d’une réflexion sur la transgression, mais plutôt d’une collection de méfaits, de non-dits, de traces, de scénarios catastrophes, de propositions qui se sont fait jour en forçant une porte, en s’enfermant à l’intérieur, en renversant quelque chose, en cassant un carreau, fut-il celui de la fenêtre fermée (mais sur quoi déjà ?) de la Veuve effrontée (Fresh Widow) de Marcel Duchamp.

Travaux de : Corentin Canesson, Camille Cros, William Beville, Yves Drillet, Anne-Clémentine Fleury, Damien Le Dévédec, Flavia Lopez, Andoni Maillard, Quentin Montagne, Marylise Navarro, Carl Phélipot, Clémence Roudil, Armel Rubigny, Rika Tanaka, Bruno Vanderaert.

Vernissage mercredi 1er décembre 2010 à 18h 30


Galeries du Cloître - École des beaux-arts de Rennes

34, rue Hoche 35000 Rennes
Tél. 02 23 62 22 60
erba@ville-rennes.fr
www.erba-rennes.fr

Du lundi au vendredi de 15h à 19h

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