15/01/15 > 24/01/15

Abri photographies

Galerie mélanieRio, Nantes


Une entreprise – Abri services – et une association – L’art à l’ouest. Ou l’histoire d’une rencontre, d’un projet artistique en partage.

Yvon Suillaud, dirigeant d’Abri Services, demande au printemps 2013 à Dominique Gellé, photographe, comment peu(ven)t s’imaginer un regard (des regards) particulier(s) sur les abris de bus. Les siens et les autres, dans son territoire du Grand Ouest ou ailleurs. “Le champ créatif était grand ouvert. Et la photographie s’imposait pour explorer toutes les dimensions du mot abri, relève Dominique Gellé. C’était comme une évidence.
La photographie est un moyen singulier de construire et percevoir le monde, ou de déclencher un autre monde. Sans oublier le clin d’oeil : entre l’abri de bus, universel, et la photographie, seule pratique à dimension artistique qui soit accessible à tous, seul bien culturel universellement consommé, comme le décrivait Pierre Bourdieu”.
Une des originalités du projet est d’avoir construit des regards croisés, avec de jeunes étudiants en photographie du Lycée Léonard de Vinci de Montaigu et des artistes photographes confirmés, dont le collectif bellavieza (Jérôme Blin, Gaëtan Chevrier, Benoît Arridiaux). Une vingtaine de photographes, immergés dans la vibration urbaine ou la poésie rurale, pour photographier les abris de bus et leur environnement. Vingt regards complémentaires ou contradictoires, des séries ou des instantanés, des histoires qui déclenchent une autre histoire, chargée d’émotions.
“De ce projet, mécéné par l’entreprise Abri Services, on pouvait craindre la gentillette utopie, commente Dominique Gellé. Or il a provoqué de vraies rencontres entre les étudiants, les professeurs, les artistes photographes, l’éditeur, une galeriste…” Ce n’est peut-être que le début de l’aventure. “Les photographes n’ont pas produit du “lien social”, reprend Dominique Gellé, le projet n’est pas réductible à une vision positiviste de l’entreprise et de ses produits. Au contraire. Ce ne sont pas tant les réponses qui comptent que les questions”.

L’ABRI COMME MÉTAPHORE

Le mobilier urbain est certes utile, facilitateur de notre mobilité, porteur d’indications pratiques et d’incitations plus ou moins esthétiques à la consommation. Il est cependant bien plus que cela. Sous l’abri de bus se découpent les silhouettes et les griffures de nos vies contemporaines. Sous l’abri de bus, nous sommes foules ou solitudes, flous ou terriblement pressés. Sous l’abri de bus se révèle l’aujourd’hui de l’humain, tragique ou dérisoire, rude ou poétique… d’une poésie qui n’a pas besoin d’être douce pour être belle. Encore faut-il l’oeil du photographe pour le révéler.
C’est toute la pertinence du projet de l’association L’art à l’ouest que d’avoir invité une vingtaine de photographes à croiser le regard sur ce thème. Jeunes pousses étudiantes du Lycée Léonard de Vinci de Montaigu ou signatures confirmées du collectif nantais bellavieza, ils ont cherché et trouvé des lignes de fuite de notre société, des attentes et des postures, des impatiences et des regards perdus, des morceaux de vie ou des vies en morceaux. Des images pour longtemps fixées sur nos rétines, aŽffirmant que sous l’abri de bus se focalise le cours, paisible ou intranquille, de nos vies urbaines.

Exposition et livre initiés par l’association l’art à l’ouest (organisme d’intérêt général) avec le soutien d’Abri services, mécène, et le partenariat de la galerie mélanieRio


galerie mélanieRio
34 boulevard Guist’hau  44000 Nantes

Ouvert du mercredi au samedi de 15h à 19h

1. legende temporaire

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