20/01/12 > 11/03/12

Boris Mikhailov

La Criée, Rennes


Du 20 janvier au 11 mars 2012, La Criée centre d'art contemporain - en partenariat avec la Galerie Suzanne Tarasiève, Paris - présente pour la première fois en France la série Salt Lake du photographe ukrainien Boris Mikhailov.
Datant de 1986, cette série de 50 photographies nous transporte dans une Ukraine soviétique au bord de l’implosion, où la douceur de vivre avait pour cadre les berges d’un lac cerné par la pollution industrielle.

Boris Mikhailov, né en Ukraine en 1938, débute réellement sa carrière de photographe en réaction au régime soviétique qui s’oppose à certains de ses travaux. Dès lors, depuis plus de quarante ans, il se consacre exclusivement à la photographie, documentant la vie et la chute de l’ère soviétique puis les transformations qui l’ont suivie, au travers de portraits humanistes et crus de ses contemporains. 

Il est aujourd’hui l’un des photographes de l’ex-union soviétique les plus reconnus sur la scène artistique mondiale, représentant de l’Ukraine à la biennale de Venise en 2007 et exposé au MoMA de New York en 2011.

À propos de la série « Salt Lake » :

En 1986, Boris Mikhailov se rend sur les berges d’un lac au sud de l’Ukraine. Son père, habitant la région dans les années 1920, s’en souvient comme d’un lieu très fréquenté par la population locale, persuadée des vertus thérapeutiques de ses eaux chaudes et salées. Le photographe, curieux de voir si cet endroit existe toujours y découvre que les habitudes n’ont pas changé mais que le lac est désormais cerné par les cheminées d’usines, les entrepôts en briques aux tuyaux de taille industrielle qui y déversent leurs eaux usées. Tout au long de l’année, les familles se rassemblent sur le rivage et vu de l’extérieur, on pourrait croire à un Baden-Baden soviétique.
L’une après l’autre, Boris Mikhailov capture ces scènes étranges, nous donnant à observer une population insouciante se baignant dans ces eaux troubles, indifférente au paysage chaotique alentour. Les hommes trapus et les femmes en bikinis les cheveux attachés par des foulards, se prélassent, semblent profiter allégrement du moment présent. On aperçoit ici des corps étendus bronzant au soleil, là un groupe de femmes discutant joyeusement.
Le calme qui se dégage de cette série en devient l’élément pictural et peut évoquer certaines photographies d’Henri Cartier-Bresson prises au moment des premiers congés payés en France ou encore la toile de George Seurat Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte.
Salt Lake dépeint une union soviétique méconnue voire secrète et pour cause, cette série ayant éte réalisée de manière clandestine, comme beaucoup de travaux de Mikhailov. Un contexte dans lequel la population semble faire fit de son environnement, du moins le tolère surement faute d’alternative, afin de pouvoir profiter d’une liberté même furtive.
Ces gens avaient-ils le choix dans leurs lieux de détente, se posaient-ils la question d’un ailleurs meilleur quand le meilleur étaient peut-être déjà de pouvoir avoir cette liberté?
Découvrir cette œuvre aujourd’hui nous engage dans un travail de mémoire, similaire peut-être à celui que le photographe a fait, revenant sur les traces de son père. On ne peut s’empêcher de la resituer dans le temps, un an avant la catastrophe de Tchernobyl, trois ans avant l’effondrement du système soviétique. L’Histoire confère à Salt Lake une valeur de témoignage précieux qui démontre la justesse et la permanence du regard que l’artiste porte sur son temps.

Vernissage vendredi 20 janvier 2012, à 18h30
Vendredi 27 janvier 2012 à 17h : visite commentée pour tous


La Criée centre d'art contemporain
Place Honoré Commeurec  35000 Rennes
www.criee.org

Du mardi au vendredi de 12h à 19h
Samedi et dimanche de 14h à 19h
Fermé les lundis et jours fériés

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