26/02/15

Matthieu Pilaud

Parc du Domaine de Kerguéhennec


La Hache et la rose, 2014
Nouvelle sculpture installée dans le parc

Invité en résidence de création au Domaine de Kerguéhennec (automne 2014), Matthieu Pilaud a construit dans le parc une sculpture-architecture-paysage.

« Pour cette résidence à Kerguéhennec, j'ai choisi d'investir un espace charnière, au carrefour de deux chemins, une petite clairière d'où s'élancent de grands arbres. J’envisage de réaliser une sculpture en bois avec un principe de suspension et un déplié de formes mimétiques. Les arbres seront les éléments constitutifs et soutenant, tantôt jalons, tantôt amers, ils participeront au développement de la forme et à sa faisabilité.

J'aime à penser que cette structure pourrait d'une certaine manière retracer les déambulations et les enchevêtrements de ces grands êtres, et leur déploiement ».

(Propos de l’artiste recueillis en début de résidence.)

« Ma pratique s’articule autour de la métamorphose de l’objet et de son caractère polymorphe. Objet-maquette, objet-industriel, objet-habitacle, objet-emballage, objet-poétique, objet-monumental… adjectifs ou qualificatifs qui définissent mon rapport tantôt sérieux, tantôt ludique, tantôt factuel à la forme et à sa composante.

La plupart de mes oeuvres sont pensées et construites selon un rapport d’échelle avec comme référent, l’homme. Cette mesure uniforme donnée exerce une influence sur la forme et sur les proportions des objets que je conçois. L’homme étant un module invariable mes oeuvres n’excéderont pas la faisabilité humaine, le degré sera toujours praticable.

Introduire des objets d’échelles différentes conçus sur le même principe de construction m’amène à questionner sans cesse l’espace dans lequel je les inscris. Ce principe d’échelle induit un rapport physique et spirituel entre le corps, l’espace et la sculpture et agit comme un révélateur d’un système de pensée. L’échelle du petit, de la maquette offre la possibilité à l’esprit de se projeter dans l’infiniment grand.

L’échelle industrielle, préhensible permet à l’homme de construire des architectures ou des habitacles de vie. L’échelle monumentale élabore une architecture à part entière où l’homme peut s’y inscrire. Ce jeu de possibles m’entraîne à redéfinir, bouger sans cesse mes courbes et insuffler un aspect ludique à mes pièces.

Il m'arrive de convoquer l’instinct joueur. A travers certaines pièces, je tente (tout en respectant des règles et un protocole de construction précis) d’amener le regardeur, à la manière d’un enfant, d’être acteur de son imaginaire (escalader, construire, déconstruire, casser, reconstruire à l’infini ou bien se cacher, s’enfermer et se lover).

La résultante de mes questions m’amène souvent à utiliser des techniques de moulage, d’empreinte, de fonte de métaux, qui génèrent des objets dont le sens n’est pas immédiat mais caché, enfoui, dissimulé. Je tente à travers cela de révéler cette énergie incarnée de la sculpture et m’autorise le jeu face à cette machine sans souffle ».

(Matthieu Pilaud)

 

Né à Annecy en 1981. Matthieu Pilaud vit à Paris.

 

Domaine de Kerguéhennec
56500 Bignan
Tél. 02 97 60 31 84
www.kerguehennec.fr

Du mercredi au dimanche, de 12h à 18h
Le parc de sculptures est accessible tous les jours.

1. legende temporaire

legende temporaire image